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S. RACHMANINOV : Prélude Op. 23 n°2
Rubrique : Etoile des Mers | Date : 20 Mars 2019 | Commentaires |
Photo : Jean-Luc Arru
Victoire

La musique russe est celle des grands espaces. Elle parle de l’immensité d’un ciel, qui, dit-on, est plus vaste en Russie que nulle part ailleurs…

Achevés en 1900, les Préludes de Rachmaninov s’inscrivent dans une période particulièrement féconde du compositeur. Après trois années de crise personnelle et de doutes liés à l’échec retentissant de sa Première Symphonie, Rachmaninov recouvre ses facultés créatrices et sa confiance grâce à l’intervention du neurologue Nikolaï Dahl, spécialisé dans l’hypnose.

Avec les Préludes, le musicien renoue avec son instrument de prédilection : le piano. Grand admirateur de Tchaïkovsky dont il a hérité la veine lyrique, c’est aussi à Chopin qu’il fait explicitement référence en écrivant ce recueil de pièces brèves pour piano.

Contrairement aux Préludes de Debussy, ceux de Rachmaninov ne portent pas de titres. Mais si celui-ci devait en avoir un, il pourrait bien s’appeler « les cloches ». La plupart des oeuvres de Rachmaninov portent, en arrière-plan, l’empreinte du terroir de son pays : les harmonies modales des liturgies orthodoxes, le son des cloches des églises de village, qu’il s’agisse d’un glas funèbre ou d’un carillon festif.

Ici, c’est toute une volée de cloches qui se répondent et se font écho dans une atmosphère saturée de vibrations, annonçant la bonne nouvelle d’une victoire.

Commentaires
Viviane - le 21/03/2019 à 21:09
Ah, c'est intéressant ! Merci Benoît pour ce commentaire, qui me donne envie de découvrir Madeleine Malraux, que je ne connais pas.
Benoit D. - le 21/03/2019 à 11:01
Vibrantes sonneries de cloches, mais aussi musique de sursaut et de rebondissement face aux épreuves. Pour moi la virtuosité de Berezovsky dessert l’expressivité, ce prélude ne supporte pas la perfection. Richter « l’insoumis » à l’enfance douloureuse (documentaire 1998 de Bruno Monsaingeon) traduit bien l´aspect roboratif de cette musique. Il y a également une très touchante interprétation de Madeleine Malraux (1992) femme au destin d’artiste contrarié.

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